En juin, la Convention Citoyenne pour le Climat avait remis au gouvernement leurs propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Parmi elles : rendre la rénovation énergétique des logements obligatoire avant 2024. Des objectifs ambitieux alors que le Gouvernement s’est fixé un objectif de rénovation de 500 000 logements par an. Comment faire pour que la qualité reste au cœur de la massification des travaux ? Quelles mesures sont à prendre pour renforcer la qualité dans les travaux ?

Le secteur du bâtiment présente des besoins de rénovation énergétique aussi urgents que complexes. En France, 7 millions de logements sont mal isolés alors que le secteur résidentiel représente 27% de la consommation d’énergie primaire. La massification de ces rénovations aujourd’hui recommandée, est indissociable du déploiement d’un suivi rigoureux et de solutions techniques.

Toutefois, face à des réglementations en perpétuelle évolutions, les professionnels du bâtiment, en première ligne pour atteindre ces objectifs ambitieux, sont parfois confrontés à un manque de visibilité, d’explication et de mise en application, notamment dans le cadre des incitations financières versées dans le cadre du dispositif des Certificats d’Economies d’Energie. Malgré tout, les professionnels sont demandeurs de formations pour être sensibilisés. Aujourd’hui, les installateurs ont besoin de se différencier de leurs concurrents, sans abaisser la qualité. On voit donc une montée en compétence de la filière et notamment par le biais de la sensibilisation, où ces derniers doivent tenir compte d’un cahier des charges exigent.

 

Des recommandations pour améliorer la qualité

La réforme du label RGE, parue en juin annonce davantage de contrôles dès le 1er septembre prochain. La sélection des chantiers contrôlés sera dorénavant faite de façon aléatoire par l’organisme de qualification, ce qui était une vraie nécessité pour que les résultats de contrôles soient plus significatifs du travail accompli par les installateurs. Mais plusieurs mesures pourraient être mises en place afin de renforcer la qualité avant, pendant et après les chantiers pour aider les installateurs à s’améliorer et limiter les non-conformités.

Actuellement, près de 10% des chantiers d’isolation des combles et des planchers bas réalisés par les entreprises signataires de la charte « Coup de Pouce Isolation » pour les ménages en situation de précarité énergétique font l’objet de contrôles aléatoires. Ces contrôles concerneront aussi les non-signataires à partir de septembre 2020. Toutefois, pour l’isolation des murs, ces contrôles n’ont pas encore été instaurés. Il serait donc opportun de renforcer le nombre de fiches standardisées à contrôler obligatoirement, tout en augmentant le taux de contrôle par échantillonnage.

Il serait nécessaire d’encourager les installateurs à s’inscrire dans une démarche d’autocontrôle afin qu’ils vérifient leurs travaux avec la mise en place d’un process de contrôle. Pour se faire, ces derniers peuvent renforcer les preuves de réalisation et de qualité pour la valorisation de leurs dossiers. Les professionnels pourront ainsi envoyer des photos, des factures et des preuves irréfutables.

De plus, pour renforcer les contrôles a posteriori, les contrôles sur site, les contrôles des cadastres ou encore les contrôles de satisfaction des clients sont également des solutions pour obtenir des éléments de preuves le plus rapidement possible. En cas de non-conformités, des actions correctives doivent être menées le plus rapidement possible par l’installateur. Quant au bénéficiaire, celui-ci pourrait bénéficier de la mise en place d’un circuit de réclamation pour les éventuels litiges. Cela permettrait de faciliter la remontée des plaintes via une mise en cohérence et une plus grande visibilité des initiatives déjà existantes.

Plus que massifier la rénovation, CertiNergy & Solutions préconise le renforcement des contrôles pour une approche bien plus qualitative et qui permettrait d’améliorer la relation accompagnant-accompagné.