Initiée par l’ATEE (Association technique énergie environnement) et réalisée entre février et juin par le cabinet Enea Consulting, une étude a été réalisée pour faire le point sur le dispositif « Coup de Pouce » à un euro, qui prévoit la mise en place, dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE), de bonifications de certaines opérations de rénovation énergétique des logements, comme l’isolation de logements ou de remplacement de chaudières à combustion polluantes. Alors que le gouvernement a étendu et prolongé le dispositif jusqu’à fin 2021, que révèle l’étude en matière de qualité et de recommandations pour les années à venir ?

 

Le succès au rendez-vous

Le ministère de la Transition écologique avait prévu autour de 25 000 isolations de combles et planchers bas par mois en 2019 ; or cet objectif a été atteint dès avril 2019 avec un pic de 100 000 opérations par mois dès septembre 2019. Selon l’étude, « l’impact du Coup de Pouce [aurait] donc vraisemblablement représenté, au minimum, une multiplication par plus de deux du nombre de travaux d’isolation entrepris. »

D’après les chiffres fournis par la lettre d’information sur le dispositif CEE de janvier 2020, les travaux engagés au titre du Coup de Pouce isolation en 2019 représentent 541 520 isolations des combles et 208 680 isolations des planchers bas. Quant aux ménages précaires, ils représenteraient « une grande majorité des travaux », selon l’étude, qui observe que « ces chantiers génèrent entre 50 et 100% de CEE de plus qu’un chantier identique chez un ménage classique : ils sont donc nettement plus attractifs pour les acteurs de la filière ».

 

La qualité parfois mise à mal

Bien qu’efficace en termes de massification des actes ciblés, le système de bonification de certaines opérations d’efficacité énergétique génère un niveau de non-qualité « vraisemblablement autour de 10 à 15 % », relève l’étude. « La raison principale tient au manque d’anticipation des organes de contrôle et de sanction existants et de la très forte croissance des secteurs concernés. » Selon la lettre d’information CEE de juillet 2020, ces opérations ont représenté plus de 1,5 milliard d’euros d’incitations depuis janvier 2019 pour l’isolation des combles et planchers de 1,15 million de foyers, et le remplacement des chaudières dans 395 000 foyers.

 

Les recommandations pour les années à venir

L’étude propose d’inscrire le mécanisme des coups de pouce dans un horizon plus long terme, afin d’éviter les comportements opportunistes, mais en constatant aussi que l’optique du court terme rendait difficile la maîtrise de la qualité, engendrant des risques réputationnels pour les filières. Les auteurs font ainsi remarquer que « cette inscription dans une optique long terme est aussi nécessaire pour pérenniser les impacts positifs du Coup de Pouce sur les filières » en mentionnant notamment la massification des chantiers, l’industrialisation des processus (démarchage, traitement des dossiers, audits, fourniture, installation…), et l’augmentation importante du nombre de personnes formées. Donner de la visibilité long terme dès la conception du projet, avec des objectifs clairs pour les années à venir, lutter contre les malfaçons et mieux vérifier la matérialité des économies d’énergie permettraient ainsi d’optimiser la bonification des CEE.

Pour lire nos recommandations qualité pour la reprise des chantiers.