Les déperditions thermiques sont une source considérable d’économie d’énergie. Energie disponible et déjà payée, la chaleur fatale, appelée également chaleur perdue ou blanche est un gisement stratégique pour les industriels afin d’augmenter leur performance énergétique. Selon l’ADEME, l’industrie présente un potentiel de chaleur fatale de 109,5 TWh, soit 36 % de sa consommation de combustibles, dont 52,9 TWh sont perdus à plus de 100℃. Par ailleurs, 16,7 TWh de chaleur fatale à plus de 60℃ sont identifiés à proximité d’un réseau de chaleur existant. Comment et où récupérer cette chaleur perdue ? Voici 3 conseils pour valoriser la chaleur fatale de son entreprise.

Identifier les gisements de chaleur fatale

Sur un site industriel, les sources de chaleur fatale que l’on peut récupérer sont variées en termes de localisation et de caractéristiques, que ce soit par type de rejet ou par niveau de température. Le captage de ces rejets est plus ou moins facile : par exemple, les rejets liquides, comme les eaux usées ou les purges de chaudières sont facilement récupérables, tout comme les rejets gazeux dans les fumées des fours ou l’air chaud des chaudières. A noter que le poste le plus important dans l’industrie agroalimentaire (30 % environ) est celui des buées qui résultent de la multitude d’opérations industrielles de séchage. Les fours de traitement thermique de la métallurgie et de la sidérurgie représentent, quant à eux, environ 20 % et les chaufferies et chaudières 15 %.

Utiliser la chaleur perdue pour des besoins propres…

En fonction des niveaux de température, plusieurs types de valorisations peuvent être possibles voire complémentaires. Sur les 100 TWh de chaleur fatale, la moitié environ dépasse 100 °C en moyenne. Le plus simple est de valoriser les calories directement, dans la même opération ou ailleurs dans l’usine. S’il s’agit de vapeur, elle peut aussi être convertie en électricité avec un changement de vecteur énergétique. Cela permet ainsi de répondre à des besoins électriques au sein même de l’entreprise, en autoconsommation. Pour la moitié inférieure à 100 °C, il est possible de répondre à des besoins de chaleur propres à l’entreprise, tels que le chauffage des locaux, ou de relever le niveau de température d’eau chaude à l’aide, par exemple de pompes à chaleur.

… par le financement des certificats d’économies d’énergie

La mise en place d’un système de récupération de chaleur blanche peut être financée en partie ou totalement par les Certificats d’Economies d’Energie (CEE). L’engagement de performance garantit d’ailleurs un minimum de 20% d’économies d’énergie et bonifie les CEE. L’opération doit cependant respecter les conditions d’éligibilité telles que définies par les fiches standardisées.

IND-UT-103 : Système de récupération de chaleur sur un compresseur d’air

Ces travaux consistent à mettre en place un système de récupération de chaleur sur un compresseur d’air pour une valorisation sur site en chauffage de locaux, production d’eau chaude sanitaire ou dans un procédé industriel. La condition de la réalisation de ces travaux est la suivante : la mise en place est réalisée par un professionnel.

IND-UT-104 : Économiseur sur les effluents gazeux d’une chaudière de production de vapeur

Un économiseur sur les effluents gazeux d’une chaudière de production de vapeur de puissance thermique nominale inférieure à 20 MW, alimentée au gaz naturel ou au GPL, doit être installé. Sa mise en place doit être réalisée par un professionnel avec preuve de la réalisation de l’opération.

IND-UT-117 : Système de récupération de chaleur sur un groupe de production de froid

Il s’agit de mettre en place un système de récupération de chaleur sur un groupe de production de froid afin de chauffer ou préchauffer, sur site, de l’eau ou de l’air. Tout comme l’IND-UT-103, la mise en place est réalisée par un professionnel est obligatoire.

IND-UT-118 : Brûleur avec dispositif de récupération de chaleur sur four industriel

Ces travaux consistent à mettre en place un bruleur auto-récupérateur, d’un bruleur régénératif, ou encore d’un récupérateur de chaleur de fumée pour préchauffer l’air comburant sur un four industriel. Le four doit fonctionner au gaz naturel et à une température des fumées à la sortie du four supérieure ou égale à 600°C pour être éligible.

Nos réalisations d’optimisation énergétique :

Une usine de fabrication de produits élaborés à partir de volailles avait pour projet la refonte de la récupération de calories sur la salle de machines froid. En intégrant un ballon d’eau chaude avec brûleur intégré et en utilisant l’outil OCP de régulation des groupes froid, l’entreprise a pu récupérer 75% de la chaleur blanche et financer à 100% ses travaux par les CEE, un investissement représentant 390k d’euros.

L’entreprise Réo a mis en place un système de récupération de l’énergie perdue des groupes froids pour produire de l’eau chaude à 60 °C, alimentant à son tour les appareils de chauffage des salles de moulage des fromages, source d’économie de vapeur. Certinergy & Solutions a pris en charge 100% de l’investissement.

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