Réunis à Marseille le 27 septembre pour le congrès des Régions de France, les congressistes – élus, partenaires institutionnels et économiques…- ont pu faire le point sur différents aspects politiques (conférence nationale des territoires, contractualisation financière…) et aborder certains sujets majeurs comme la transition énergétique. En effet, loin de se réduire à l’écologie, la transition énergétique au sens large est aussi un levier économique (création d’emplois) et une priorité sociale (lutte contre la précarité énergétique) pour les régions. De ce fait, l’association avait prévu un atelier dédié, intitulé « Vers quelle fiscalité au service de la transition énergétique en régions ? ».

 

Reconcilier fiscalité énergétique et projets concrets

Laurent Gérault, conseiller régional des Pays de la Loire et Président de la Commission Déléguée Climat-Air-Energie de Régions de France, et Agnès Langevine, Vice-présidente de la Région Occitanie, ont commencé par un constat : les résultats ne sont pas bons. La France n’a pas réussi à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, à suivre la trajectoire définie dans les Accords de Paris et subit déjà les effets du réchauffement climatique (canicules, crues…). La transition énergétique est donc plus que jamais une priorité.

Pour la mettre en œuvre, les Régions ont besoin de moyens financiers. En effet, la mise en place de politiques sectorielles coûte cher. Pour les SRADDET, par exemple, il faudrait investir au moins 5€/habitants. Ce constat a conduit a redemandé, avec l’appui de l’AMORCE, à ce qu’une partie de la Contribution Climat Energie soit reversée aux territoires. En dehors de l’aspect financier, les élus ont mis en avant le besoin de donner du sens à l’impôt, de recréer un lien entre les attentes des habitants et les actions mises en œuvre. La redistribution de cette taxe carbone conduirait à remobiliser les citoyens et à supprimer l’image d’une « écologie punitive ».

 

La rénovation, au cœur des enjeux

L’efficacité énergétique a été au centre des échanges avec les nombreuses références à la rénovation. Pour les deux élus régionaux, accompagner les citoyens dans la rénovation de leur logement est l’un des premiers objectifs. Agnès Langevine a d’ailleurs partagé les ambitions de la région Occitanie qui prévoit d’accompagner ses habitants pour massifier la rénovation. Leur objectif est d’arriver à 70 000 rénovations/an. Plus largement, l’importance donnée au sujet de la rénovation a été illustrée par la signature d’une convention de partenariat entre l’association des Régions de France et l’ADEME.

Malgré cela, on peut regretter que la question de la rénovation des bâtiments, notamment des bâtiments publics, ait été peu abordée. Pourtant, elle est prioritaire pour tenir les objectifs fixés par l’Accord de Paris et par l’Union Européenne et engager réellement la transition énergétique des territoires.