Jamais l’urgence climatique n’a été aussi pressante. Ce constat, partagé par tous les intervenants du Congrès 2018, donne le ton. Plusieurs leviers sont néanmoins identifiés, comme les actions d’efficacité énergétique, pour inverser la tendance et maintenir le réchauffement climatique à 1,5° voire 2°.

 

La rénovation énergétique, enjeu pour les territoires

Que cela soit la rénovation du parc public ou privé, l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments est l’une des actions qui permettrait de réduire à la fois les émissions de gaz à effet de serre et les factures énergétiques du territoire. La Communauté de l’Agglomération Havraise qui accueillait le Congrès a, par exemple, l’ambition de rénover plus de 10% du parc privé et public à l’horizon 2020, ambition également partagée par la Région Normandie qui a déjà massivement investi dans les économies d’énergie.

L’enjeu est particulièrement fort pour les ménages en situation de précarité énergétique. En effet, ce sont les plus modestes qui supportent les factures énergétiques les plus élevées du fait de logements particulièrement énergivores (classes F ou G). Consciente du sujet, l’Amorce souhaite s’investir aux côtés des territoires pour les aider à mettre en place des politiques de lutte contre la précarité énergétique, politiques à la croisée des sujets environnementaux et sociaux.

 

Quel financement mobiliser ?

Les collectivités ont des compétences accrues en matière d’efficacité énergétique. Mais celles-ci ne sont que très rarement accompagnées de financements, ce qui freine la mise en place d’actions ambitieuses dans les territoires.

Le congrès a permis de rappeler l’ensemble des outils que les collectivités peuvent saisir notamment les aides de l’Etat (appel à projet TEPCV par exemple), les Certificats d’Economies d’Energie (CEE), les fonds européens, les prêts de la Caisse des Dépôts, les contrats de performance énergétique, l’intracting ou encore les prêts commerciaux. Pour l’Amorce, bien que ces outils soient efficaces, notamment les CEE sur la partie rénovation du patrimoine public et lutte contre la précarité énergétique, ceux-ci ne sont pas suffisants et devraient être accompagnés d’une partie de la fiscalité écologique. Ce nouveau financement, pérenne dans le temps, aurait l’avantage de pouvoir financer des actions très diverses répertoriées dans les PCAET et adaptées aux spécificités territoriales. Un sujet d’actualité alors que le projet de loi de finances 2019 est actuellement débattu au Parlement et devrait se pencher à plusieurs reprises sur cette proposition.

 

Encart – De nouveaux financements pour 2019

Alors que l’appel à projets TEPCV se termine fin 2018, les collectivités continuent à demander des moyens pour financer leurs actions d’efficacité énergétique. Plusieurs solutions peuvent d’ores et déjà être mobilisées comme les contrats de performance énergétique, les aides de l’ADEME ou encore les CEE. Ceux-ci sont d’ailleurs vus par l’AMORCE comme l’une des solutions les plus pertinentes pour financer des projets d’efficacité énergétique et réduire le coût des travaux pour les collectivités. Dans certains cas, les CEE peuvent d’ailleurs prendre en charge jusqu’à 100% de l’investissement.